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Témoignages

Témoignages d’organisateurs de manifestations éco-responsables

Paul-Vincent MARCHAND, les Courants de la Liberté

Question 1 : Selon vous qu’est-ce qu’un évènement éco-responsable et durable ?

On peut qualifier un événement d’éco-responsable et de durable lorsque ses organisateurs ont pris conscience de la réelle implication territoriale de la manifestation et de son impact environnemental ; et qu’ils ont entrepris une démarche de sensibilisation auprès de l’ensemble des publics concernés et établi un plan d’actions précis.

La RochambelleCependant qualifier un événement d’éco-responsable ne se décrète pas dès lors que quelques actions en faveur de l’environnement se mettent en place. Il s’agit d’un processus long et progressif, qui doit systématiquement passer par une phase préliminaire de diagnostic des pratiques. Cette démarche n’a de sens que si elle ne s’arrête pas uniquement à des contingences environnementales mais prend également en compte le respect de valeurs sociétales (politique tarifaire adaptée, égalité homme-femme, valorisation d’un commerce équitable, etc.), tout en préservant une cohérence économique.

Question 2 : Comment émerge l’idée de se lancer dans ce type de démarches ?

Un événement qu’il soit sportif, culturel, commémoratif, etc. dispose d’un potentiel unique en matière de transmission de l’information. Le rassemblement de centaines ou de milliers de personnes est une occasion unique de diffuser un message citoyen de façon plutôt informelle.

En ce qui concerne les Courants de la Liberté, la démarche a été impulsée par des membres de l’organisation sensibles aux problématiques environnementales et convaincus de l’influence positive que peut exercer l’événement sur une prise de conscience collective des problématiques de développement durable. Il est évident que la mise en place d’une démarche éco-course permet à l’organisation de communiquer sur un axe novateur susceptible d’intéresser de nouveaux participants et des partenaires potentiels.

Question 3 : Concrètement, quelles sont les actions mises en œuvre dans le cadre de votre évènement ?

Un diagnostic exhaustif des pratiques a été préalablement établi. Des propositions chiffrées d’amélioration ont été formulées et un plan d’actions a été établi en adéquation avec les possibilités financières de l’association et en tenant compte des contraintes spécifiques à notre structure et au type de manifestation organisée. Une sensibilisation importante a été effectuée en direction des centaines de bénévoles et de l’ensemble des partenaires.

Concrètement une dizaine d’actions ont d’ores et déjà pu être initiées ; voici quelques exemples :

  • incitation à l’utilisation d’internet : frais de transaction offerts pour l’inscription en ligne ; réduction de 25% du nombre de prospectus édités…
  • utilisation de papier issu de forêts éco-gérées (PEFC) et d’un imprimeur labellisé Imprim’vert,
  • réduction du nombre de bouteilles d’eau au profit de gobelets en carton recyclables,
  • mise en place du tri sélectif,
  • utilisation de sacs en papier recyclables pour les dotations des coureurs,
  • organisation de « points verts » sur les différents parcours : zones de jet pour les coureurs des bouteilles d’eau, à proximité des points de ravitaillement,
  • incitation au co-voiturage,
  • mise en place d’un dispositif de navettes pour rejoindre les sites de départ,
  • diffusion de documents de sensibilisation et réalisation de signalétique explicative…
  • mise en place de tarifs spécifiques pour les personnes à revenus modestes, les demandeurs d’emploi, les étudiants…

Question 4 : Avez-vous rencontré des obstacles ou des difficultés ?

Nous avons eu d’abord des difficultés à consacrer suffisamment de temps à cette démarche, ce qui a repoussé sa concrétisation. Il faut que des membres de l’organisation (en l’occurrence une stagiaire en développement durable) puissent se pencher de façon constante sur ces problématiques.

Ensuite il a fallu faire passer le message auprès des bénévoles et des partenaires. Ces derniers n’ont pas toujours été réceptifs aux différentes actions proposées.

L’aspect financier est souvent un facteur limitant et certaines actions sont encore irréalisables du fait de coûts prohibitifs (ex : achat de textile bio issu de commerce équitable). Il est primordial dans les années à venir de se regrouper entre événements ou festivals pour mutualiser les moyens ; on peut en effet imaginer par exemple que la signalétique soit commune entre plusieurs événements et puisse être utilisée par chacun…

Question 5 : Quels sont selon vous les points clés ?

  • Le diagnostic : cette étape est cruciale et détermine la réussite de la démarche. Il faut identifier de façon exhaustive l’ensemble des points à intégrer dans la démarche de développement durable.
  • La communication : il faut communiquer sur la démarche auprès de l’ensemble des publics : bénévoles, partenaires, participants…
  • Le soutien : il faut se faire aider par des structures compétentes disposant d’une forte expérience dans ce domaine : ADEME, Région BN…
  • Les partenariats financiers : les soutiens financiers de partenaires publics et de sponsors privés donnent une crédibilité à la démarche.
  • L’évaluation : cette étape est indispensable pour améliorer les actions existantes (ex : obtenir de meilleurs résultats en terme de tri) et innover (ex : gobelet réutilisable). Etablir un bilan annuel de la démarche permet le cas échéant de rectifier la stratégie de développement durable.
  • La mutualisation : des actions doivent être menées conjointement avec d’autres événements afin entre autre de limiter les coûts et disposer d’un impact médiatique plus important.

Contact et coordonnées

Paul-Vincent Marchand (Chef de projet)
Les Courants de la Liberté
Esplanade Dwight Eisenhower - BP 55026 - 14050 CAEN Cedex 4
Tél : 02 31 95 17 23 - Fax : 02 31 06 06 70
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - www.lescourantsdelaliberte.com

Isiah MORICE, Chauffer dans la noirceurIsiah MORICE, Chauffer dans la noirceur

Question 1 : Selon vous qu’est-ce qu’un évènement éco-responsable et durable ?

Selon nous un évènement éco-responsable et durable, est l'aboutissement d'un projet citoyen qui est soucieux de l'impact positif à moyen et long terme sur son environnement. Il ne peut donc pas se limiter à la réussite commerciale instantanée. Ainsi un évènement de la sorte permet d'être renouvelé car chaque année il contribue à améliorer ses conditions extérieures, pour ce qui nous concerne en matière culturelle et écologique. Ainsi quelque soit le domaine, l'objectif maître des actions éco-responsables et durables est de faire exister la diversité. Notre objet est de faire exister la diversité qui fait la vie et qui a tendance à être affaiblit dans tous les secteurs : en biodiversité aux niveaux des éléments naturels comme en musique où le standard est également de mise.

Question 2 : Comment émerge l’idée de se lancer dans ce type de démarches ?

C'est particulier à chaque cas. Dans le nôtre, cette idée a émergé dès ses débuts il y a 17 ans. En effet le festival est né avec deux dominantes : son aspect musical autour des concerts et son village associatif qui représente la philosophie du festival et qui rayonne sur toutes ces actions y compris la programmation musicale, donc l'un ne va pas sans l'autre.

Question 3 : Concrètement, quelles sont les actions mises en œuvre dans le cadre de votre évènement ?

  1. au niveau de la musique cela implique que nous donnons à entendre des artistes qui ne sont pas médiatisés, que l'on programme la plus grande diversité de genre et enfin que l'on ait une importante programmation régionale afin d'avoir un impact sur l'activité locale,
  2. les toilettes sèches,
  3. l'organisation de débats,
  4. l'accueil d'association relevant des problématiques liées au social et à l'écologie,
  5. tri sélectif de l'intégralité des déchets,
  6. utilisation de gobelets consignés et réutilisables,
  7. impression de tous les supports de communication sur papier recyclé et encres végétales,
  8. distribution de mégot-packs,
  9. formation au ramassage des déchets en milieu littoral,
  10. proposer un festival dans un lieu où l'objectif est de valoriser le site naturel,
  11. 11ème action, communiqué sur le co-voiturage (action sur le transport encore très largement insuffisante).

Question 4 : Avez-vous rencontré des obstacles ou des difficultés ?

Nous avons rencontré un très grand obstacle : l'aspect financier. En effet nous défendons déjà des artistes en émergence, ce qui sous-entend l'aspect culturel de notre mission qui induit qu'elle n'est pas source de profit. D'autant qu’en matière écologique toutes les actions menées ne sont pas pour le moment rentables économiquement. Il a fallut environ 15 ans pour que nous puissions avoir des financements afin de mettre concrètement en place nos actions développement durable. Ceci grâce aux soutiens institutionnels, mais cette problématique existe encore car ces financements ne sont pas des acquis.

L'autre problématique est que notre département n'est pas prêt à mener à bien ces missions et que nous devons solliciter des prestataires venant régulièrement de loin (jusqu'au sud de la France). Il est capital que les savoir-faire se développent localement et que le travail en réseau se simplifie. Pour exemple, la complexité lié au tri sélectif, nous a impliqué une charge de travail très importante car même les structures professionnelles locales ne sont pas convaincues, il a fallu beaucoup d'énergies, de temps et d'argent pour faire comprendre que c'est possible de faire le tri sélectif !

Question 5 : Quels sont selon vous les points clés ?

La réponse première est déjà de pouvoir réaliser de nouveau ce qui a été fait… ce qui semble déjà très difficile. Donc le premier objectif est celui de renouveler les choses que l'on a mise en place l'an passé.

Montmartin-sur-mer, Chauffer dans la noirceurEnsuite nous travaillons sur deux points. Tout d'abord, nous essayons de rapprocher les compétences localement, nous y réfléchissons notamment avec Jazz sous les pommiers ainsi que la Région Basse-Normandie. Parc de gobelet commun, parc de poubelles et de signalétiques sont les pistes évoquées très sérieusement. Les toilettes sèches également, nous en avons déjà construit deux, au niveau du prestataire en local, "bio ch’min" ne pourra répondre à l'intégralité de nos attentes ayant deux toilettes, ce qui est moins préoccupant car les prestataires compétents actuellement se situent à environ de 250 km (contre 700 km pour les prestataires sur le tri et les gobelets par exemple !)

L'autre point très important pour nous est de développer les transports en commun, pour deux raisons :

  • l'impact le plus négatif des festivals en matière de développement durable se situe sur les transports,
  • la pollution liée au gasoil et sa crise nous invite à nous servir du festival comme symbole médiatique idéal pour impacter sur le transport en commun. En effet il ne faut pas oublier que les actions menées par le festival sont d'abord symboliques et servent à communiquer en se servant du média mis à disposition et touche directement le public. Ensuite, d'un point de vue fonctionnel, il est assez facile d'envisager de proposer des trajets via le train et des navettes de Coutances-Montmartin...reste toujours le problème du financement...toujours.

Question 6 : Avez-vous mené une évaluation de vos actions ?

L'évaluation est intéressante et nous avons des chiffres sur l'an passé qui permettent de voir ce qui fonctionne, ce qu'il y a à améliorer, etc...Cela dit actuellement globalement tout le monde sais ce qu'il y a à faire et donc il est nécessaire que l'on s'inscrive dans l'action et non simplement dans la communication ou dans l'étude.

Les partenariats, oui, pour une structure comme la notre, les dossiers sont prêts, nous l'avons prouvé l'an passé...les partenariats sont donc le nerf de la guerre !

La mutualisation est le moyen le plus intelligent pour combler le manque de moyen financier mais il faut certainement pouvoir se reposer sur une structure institutionnelle qui investit au départ, l'économie se réaliserait à terme. Ensuite la mutualisation est déjà capitale car elle permet d'avancer en échangeant les expériences, les contraintes rencontrées, les remèdes système D...

Contact et coordonnées

Chauffer dans la noirceur
1 rue du rey - 50590 Montmartin sur mer
Tél. : 02.33.07.91.91 - Port. : 06.32.17.68.27
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - www.chaufferdanslanoirceur.org

Mis à jour ( Jeudi, 03 Septembre 2009 09:17 )
 

Contact événements éco-responsables

Magali Lechatreux
Direction de la Jeunesse et des Sports
Tél.: 02.31.06.89.39
m.lechatreux@crbn.fr

Nadine Tournaille
Direction de l'Environnement et du Développement Durable
Tél. : 02.31.06.95.81
n.tournaille@crbn.fr

Publication éco-responsable

Organiser un événement éco-responsable

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